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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Tunisie : l'espoir !

C'est incroyable ce que l’on apprend de la lecture des journaux à propos de ce qui s’est passé en Tunisie. Alors que le maire d’Évry, celui qui veut mettre plus de “ Blanc, de White, de Blanco ” sur son marché, se croyant bien inspiré, allumait la mèche de l’abrogation des 35 heures, histoire d’assurer la réélection de son pote à l’Élysée, alors que la “ classe politique ”, intégralement dépourvue de classe, s’enflammait sur les déclarations confuses prononcées par le pote du maire d’Évry à l’occasion de ce qu’il prend pour des vœux, on apprend, alors qu’il n’y a plus aucun risque à prendre, que la Tunisie a été le théâtre, un mois durant, de manifestations, d’émeutes, de meurtres, d’arrestations, d’intimidations et de vexations de la part d’un pouvoir autocratique, dictatorial et tyrannique auquel la “ classe politique ” a ciré les pompes pendant des dizaines d’années. Quel dommage alors que l’on ait privilégié l’écume de ce qui sert de pensée à des théoriciens de pacotille qui s’en remettent à ce qu’ils prennent pour un bon mot pour essayer d’exister quand il peinent à survivre !

Voici ce que ça donne quand on se donne la peine de compiler ce que les uns et les autres mettent sur leur site.

Rappel des événements en Tunisie, où le tyran Ben Ali a été chassé du pouvoir à la suite d'un mouvement de contestation sociale sans précédent.

Le 17 décembre 2010 : Mohamed Bouazizi, marchand ambulant âgé de 26 ans, s'immole par le feu devant un bâtiment administratif de Sidi Bouzid (centre) pour protester contre la confiscation de sa marchandise de fruits et légumes. Des commerçants rejoints par des jeunes qui dénoncent le manque de travail se rassemblent aussitôt pour manifester.

Du  19 au 20 décembre 2010 : Les manifestations de Sidi Bouzid prennent de l'ampleur et la police fait usage de gaz lacrymogène. Début du mouvement social contre le chômage et la vie chère à Sidi Bouzid (centre-ouest) en réaction à l'immolation, le 17, d'un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Violents affrontements entre forces de l'ordre et jeunes manifestants. Début d'une vague d'arrestations.

Le 24 décembre 2010 : Le mouvement gagne Bouziane, 240 km au sud de Tunis et 60 km de Sidi Bouzid, où un manifestant, Mohamed Ammari, est tué d'une balle dans la poitrine lorsque la police, qui assure agir en état de légitime défense, ouvre le feu sur les contestataires, tuant un second manifestant.

Le 27 décembre 2010 : Un millier de jeunes diplômés au chômage manifestent à Tunis et sont dispersés à coups de matraques. Des témoins font état d'une douzaine de blessés.

Le 28 décembre 2010 : le président Ben Ali dénonce dans sa première allocution télévisée depuis le début des troubles une " instrumentalisation politique " et parle des comportements inacceptables d’une " minorité d'extrémistes et d'agitateurs à la solde d'autrui et contre les intérêts de leur pays [ qui a ] recours à la violence et aux troubles dans la rue ".

Le 29 décembre 2010 : Le chef de l'Etat nomme un nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports.

Du 3 au 7 janvier 2011 : Violences à Saïda et manifestations à Thala (centre-ouest) marquées par des saccages et l'incendie de bâtiments officiels.

Le 5 janvier 2011 : Décès du marchand de primeurs Mohamed Bouazizi.

Le 6 janvier 2011 : Plusieurs milliers d'avocats se mettent en grève pour dénoncer la répression policière, tandis que les manifestations contre la pénurie d'emplois qualifiés et les entraves aux libertés publiques se poursuivent.

Du 8 au 10 janvier 2011 : Émeutes sanglantes à Kasserine (centre-ouest), à Thala ainsi qu'à Regueb (près de Sidi Bouzid) : 21 morts selon les autorités, plus de 50 selon une source syndicale. Affrontements à Kairouan (centre).

Le 9 janvier 2011 : Les autorités font état de 14 morts après les affrontements de la veille entre manifestants et forces de l'ordre à Thala, à Kasserine et à Regueb. " Le message a été reçu. Nous allons examiner ce qui doit être examiné, nous allons corriger ce qui doit être corrigé, mais la violence est une ligne rouge ", affirme alors le ministre de la Communication, Samir Labidi, porte-parole du gouvernement.

Le 10 janvier 2011 : Le président intervient pour la deuxième fois à la télévision et dénonce des " actes terroristes " perpétrés par des " voyous cagoulés " et " des éléments étrangers " ; il promet la création de 300 000 emplois supplémentaires d'ici 2012.

Le 11 janvier 2011 : Premiers affrontements à Tunis et sa banlieue au son de " Ben Ali, nous n'avons plus peur ", poursuite des violences à Kasserine.
Fermeture des écoles et des universités.
Samir Labidi, porte-parole du gouvernement, fait état de 21 morts depuis le début des troubles. " Tous les autres chiffres donnés par la télévision et les agences qui parlent de 40 à 50 morts sont totalement faux ", ajoute-t-il.

Le 12 janvier 2011 : Le Premier ministre annonce le limogeage du ministre de l'Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, la libération des personnes arrêtées, sauf celles "impliquées dans des actes de vandalisme", et une enquête sur la corruption.
Plusieurs morts dans des manifestations à travers le pays, notamment un franco-tunisien à Douz (sud).
L'armée se déploie dans Tunis et dans la banlieue populaire de Ettadhamen.
Arrestation du chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, interdit) Hamma Hammami.
Couvre-feu nocturne à Tunis et sa banlieue où des affrontements font huit morts (Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, FIDH). Les manifestants ciblent les symboles du pouvoir et de l'argent.

Le 13 janvier 2011 : Retrait de l'armée à Tunis qui reste quadrillée par les forces spéciales. Un manifestant est tué par balles.
La France se dit inquiète de " l'utilisation disproportionnée de la violence " [ et se déshonore en proposant son savoir-faire ( sic ) dans le domaine du maintien de l’ordre ( ! ) ].
Destructions et pillages dans la station touristique de Hammamet (60 km au sud de Tunis).
Dans un discours à la nation, Ben Ali s'engage à quitter le pouvoir en 2014 et ordonne la fin des tirs contre les manifestants. Il promet la " liberté totale " d'information et d'accès à internet et annonce une baisse des prix. Son discours donne lieu à une explosion de joie dans la capitale. En France, où il vit en exil, l'opposant Moncef Marzouki parle d'une centaine de morts depuis le début des événements.
Treize morts à Tunis (sources médicales), deux à Kairouan pendant l'intervention télévisée.
Al-Qaïda [ la base, en arabe ] au Maghreb islamique (Aqmi) appelle au renversement du régime (Service américain de surveillance des sites islamistes).

Le 14 janvier 2011 : Des milliers de manifestants, aux cris de " Ben Ali dehors ", se rassemblent à Tunis et en province, notamment à Sidi Bouzid.
Violents heurts dans la capitale entre des groupes de manifestants et des policiers anti-émeute.
Des blindés de l'armée se déploient devant les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères ainsi que devant la Télévision et radio nationale.
Vers 15h15 (GMT), Ben Ali limoge son gouvernement et la tenue d'élections législatives anticipées dans les six mois. Trois-quarts d'heure plus tard, il décrète l'état d'urgence et impose le couvre-feu dans tout le pays. L'armée contrôle l'aéroport, l'espace aérien est fermé.
Deux heures et demie plus tard, le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, annonce que Ben Ali est temporairement dans l'incapacité d'exercer ses fonctions et déclare assumer la charge de président par intérim jusqu'à des élections anticipées. En fait, Ben Ali a quitté en cachette la Tunisie après 23 ans de pouvoir.
Rapatriement de milliers de touristes européens.
Mohammed Ghannouchi lance un appel à l'unité des Tunisiens et s'engage au respect de la Constitution.

Le 15 janvier : L'Arabie saoudite confirme peu avant 1h00 (GMT) que Ben Ali et son épouse se trouvent sur son sol pour une durée indéterminée

Et ce n’est pas fini, puisque l’on affecte d’apprendre que la famille et la belle-famille de Monsieur La Poudre d’Escampette avaient mis le pays en coupe réglée, se partageant les différents secteurs de l’économie comme on n’ose pas le faire au Monopoly : je prends les transports et te laisse le tourisme parce que tu me donnes l’énergie en échange de la distribution. Si les agences bancaires et certaines concessions automobiles ont été la cible de certains manifestants, c’est bien parce qu’il s’agit là de sources de revenus de “ Madame La ” et de sa cour d’obligés.
Nos dirigeants, myopes, aveugles et sourds [ comme on ne veut pas d’ennuis, on ne fera aucune hypothèse sur leur intelligence ] ont misé sur ce système népotique et oligarchique, faisant semblant de croire qu’il était le rempart contre un islamisme obligatoirement fondamentaliste auquel ils ne comprennent rien, puisqu’ils s’en tiennent aux notes que leur fournissent les “ services ” dont on vient une fois de plus de mesurer leur savoir-faire quand il s’agit de libérer des otages [ ils nous avaient déjà fait le coup avec Michel Germaneau ].
Ces gens très intelligents, très bien renseignés, qui ont toujours un coup d’avance, croient que la tyrannie des uns nous protège de la dictature des autres. En fait, et grâce à leur inefficacité, nous avons, comme l’avait si bien dit Winston Churchill [ qui reprochait à son gouvernement, en 1938, d’avoir préféré le déshonneur à la guerre, et que, partant, il aurait l’un et l’autre ], et la tyrannie et la dictature, ce qui pour les malheureux peuples concernés revient à peu près à la même chose, les femmes payant le prix fort dans ce marché de malhonnêtes.

On aura une pensée toute particulière pour tous ces malheureux touristes qui doivent être “ rapatriés ”, et qui, pour beaucoup d’entre eux, n’étaient pas vraiment gênés d’aller flemmarder dans les palaces 5 étoiles à quelques encablures des océans de misère qui viennent de se révolter. On rappellera que la famille de “ Madame La ” tenait l'intégralité du secteur du tourisme, et que chaque euro versé pour des séjours dans ces résidences d’un luxe d’autant plus insolent, obscène et méprisable qu’elles côtoient la pauvreté, le dénuement et les privations allait directement dans sa poche ou celle de ses affidés.

Dernière observation, celle des mots et des questions de ces spécialistes qui s’interrogent à tour de bras sur le prétendu “ vide du pouvoir ”, la personnalité de celui qui vient d’abandonner sans gloire un pays qu’il a pressuré étant supposée écraser celle des opposants. Mais pourquoi un tel discours, d’une bêtise sans nom, qui revient à justifier l’immobilisme et le conservatisme au prétexte qu’il n’y aurait personne en face. On devrait plutôt se demander si le pouvoir défaillant d’un prévaricateur peut être comparé à la résolution d’un Peuple qui a vu ses enfants et ses parents humiliés, torturés [ être arrêté en Tunisie, c’était d’abord passer 3 jours dans un commissariat, au secret, sans avocat, sans autre contact que celui des brutes qui vous tourmentaient au-delà des limites de la raison ], insultés, bannis, expulsés, exilés, et qui ne s’en est malgré tout pas laissé compter.
Il y aura sûrement des tentatives, en particulier des provocateurs à la solde de Monsieur La Poudre d’Escampette, déjà à l’œuvre, pour dénaturer et prostituer les idées généreuses et de justice qui ont été exprimées par ce Peuple courageux et exemplaire. Comme il y aura des théoriciens de salon pour nous expliquer qu’ils le savaient déjà depuis longtemps, qu’ils avaient tout prévu et qu'on ne leur apprenait rien. Il ne reste plus qu’à les laisser à leurs fantasmes sécuritaires, à leur haine du Peuple et à leurs ambitions de médiocres, pour être aux côtés des Tunisiens qui vont, espérons-le, inventer leur nouvelle vie sociale et politique. Cela promet d'être beaucoup plus intéressant que la somme de toutes les chroniques que nous avons dû subir jusque-là.

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Régis Hulot 15/01/2011 18:32



Merci pour ce texte qui dit tellement bien des choses si simples.


 


Aux Tunisiens, nous n'avons qu'un mot à dire: merci, et qu'un sentiment à leur exprimer: le respect.


 


RH