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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Wissembourg : chamboule-tout et rififi dans les écoles - 3

La municipalité de Wissembourg, dont nous pensions il y a trois ans qu’elle nous amènerait le renouveau dans la décontraction, n’a vraiment pas de chance ! À chaque fois qu’elle essaie de lancer une vraie concertation avec des vraies gens sur des vraies bases de vraie vérité, il se trouve quelques esprits grognons et ronchons qui n’acceptent pas les termes du marché qui leur est proposé parce qu’ils n’y trouvent pas les valeurs auxquelles ils sont attachés et sur la bases desquelles ils ont fait confiance à cette pauvre municipalité de Wissembourg qui n’a vraiment pas de chance !

Après l’essai du Gumberlé transformé par le désastre du Steinbaechel, après des allers et retours parfois incompréhensibles quant à la mise sous tutelle municipale du relais culturel que l’on a cru bon rebaptiser selon les avis littéraires et architecturaux d’une agence de communication, voilà que ce sont les écoles qui viennent perturber le bel ordonnancement qui aurait été pensé, et proposé aux électeurs, à l’heure où l’alternance était à l’ordre du jour. Rappelons-nous tout de même cette soirée du vendredi 22 février 2008 et ce qui pouvait en être écrit, à chaud :
“ …  c’était bien une bonne centaine de personnes qui s’étaient dérangées pour venir écouter la présentation de "Ensemble, Autrement !". Ce qui veut dire qu’il y a de l’attente, et qu’il ne faudra pas la décevoir. Pour les promesses, on repassera, même quand on demande qu’ils mettent plus de six ans (une mandature) pour ressembler à ceux qu’ils vont remplacer. Là, on est en droit d’en savoir davantage, mais ça viendra . …. ”
Ainsi, même pour ce qui était de l’attitude, il a bien été dit que “ nous ne ferons pas de promesse ! ” S’agirait-il de la seule qui ait été vraiment tenue ? Sans doute aurions-nous dû être plus prudents, et écouter ceux qui nous prévenaient que nous allions être déçus et que tout, loin s’en faut, n’avait pas été dit lors des quelques semaines qu’aura duré une campagne électorale, essentiellement animée d’ailleurs par des intervenants extérieurs à la liste "Ensemble, Autrement !".
Pour en revenir à vendredi dernier, on pourrait s’en tenir à ce qui a été donné à lire aux infortunés lecteurs des "déhaina" de ce dimanche. Cela faisait penser à une sorte de rédaction dont le sujet aurait été : racontez une séance de conseil municipal en vous attachant à en dire le moins possible tout en ayant l'air d'en savoir énormément ; vous n’hésiterez pas à recourir au vocabulaire dit technique pour crédibiliser votre propos. Il est affligeant que l’on n’ait pas eu l’idée de donner la parole à ceux qui n’ont pas été autorisés à la prendre lors d’une séance dramatique de l’assemblée communale.
Qui sont-ils ?
Ceux dont on osé dire, si l’on en croit les colonnes du premier quotidien d’Alsace, qu’ils avaient distribué leur questionnaire [ approuvé par près de 75% des parents d’élèves ] “ dans un climat tendu ”, en oubliant de préciser que ce n’était pas de leur fait et pour affirmer, en dépit de toutes les évidences, que “ des discussions et réunions avaient été organisées ” par la suite avec eux. Mais bien sûr, on peut tout dire, tout prétendre, tout affirmer, car tout se vaut, le vrai comme le faux, le juste comme l’arbitraire, le jour comme la nuit, le noir comme le blanc, etc.
En plus des parents qui n’ont pas eu droit à l’expression, il convient d’ajouter les enseignants qui étaient représentés que par celui qui les organise et ne peut donc se prévaloir d’une autre légitimité que hiérarchique. C’est au-delà des limites acceptables du pluralisme de l’expression.
Sur un plan strictement politique, le fiasco d’avant-hier est une opération proprement tragique pour une liste majoritaire qui est de fait minoritaire. En ne trouvant que dix-huit votes positifs sur ce qu’elle appelle un projet [ en fait, c’est fort ingénument que l’inspecteur primaire dira que tout reste à inventer pour la rentrée ! ], et un total de onze votes soit négatifs soit [ courageusement ] abstentionnistes, représentant de fait la majorité de la population de Wissembourg et Altenstadt, la municipalité est maintenant seule face au Peuple, qu’elle envisage sans doute de dissoudre pour en élire un autre, comme l’a si bien écrit Bertolt Brecht ! Peut-on aussi faire remarquer qu’une fois de plus, une décision est prise contre l’avis de celles et ceux qui ont assuré la victoire, certes étriquée, mais bien réelle, de ce que nous prenions non pas pour une revanche mais plutôt pour le choix de l’intelligence, de la réflexion et de la mesure, soit le portrait en creux de ce que nous avions subi durant de trop longues décennies [ la seule excursion à gauche à Wissembourg remonte au comité "ouvriers et soldats" mis en place quelques jours à la fin de la première guerre mondiale ! ].
On en est donc là, à l’issue d’une mi-mandat qui prend les allures de déroute, tant pour ceux qui ne détiennent plus que le pouvoir, l’autorité leur ayant échappé depuis un bon moment [ sur ce plan, il partagent la peu enviable condition de leurs prédécesseurs, avec les conséquences que l’on sait ], que pour les citoyens de Wissembourg contraints de supporter jours après jours des décisions qui les contraignent ou les contrarient. On avait le droit d’espérer mieux !

Pour être complet, doit-on ajouter que de l’aveu même de ses promoteurs, cette décision de changer d’organisation ne règlera pas la question des suppressions de classe, tout au plus la retardera-t-elle. Or, c’était le grand argument de la mairie, en plus des incantations à l’école de la République, convoquée à toutes les phrases, comme une sorte de justificatif à tous les errements.
Mentionnons tout de même que toute cette construction, aléatoire, bâclée et autoritaire semble puisée aux meilleures sources du "management" libéraliste qui pose comme postulat que les employés doivent être placés, quoi qu’il arrive, dans des positions inconfortables, génératrices de contraintes internes, façon de les obliger à consacrer toute leur énergie à donner satisfaction à ceux qui les exploitent [ comme on exploite la ressource des matières premières, la ressource humaine est considérée par ces gens-là comme une matière première ]. De ce point de vue, supprimer quelque chose peut-être imparfait mais fonctionnant à peu près par autre chose dont on sait que cela ne donne pas de meilleurs résultats, mais aura pour effet de casser les solidarités, de briser les amitiés et de développer la concurrence négative entre les personnes s’inscrit dans ces "logiques" mortifères et inhumaines.
Qui est à la manœuvre ? Il serait temps maintenant de jeter bas les masques et d’afficher clairement la couleur en mettant de côté sophismes et grandiloquences qui n’impressionnent plus personne.

C’est donc à une soirée de dupes que les Wissembourgeois étaient invités à assister, avec la participation plus ou moins forcée de leurs élus. Les événements se déroulent maintenant dans un climat qui n’augure rien de bon, dans une atmosphère de politique de la terre brûlée, avec reconstitution des cercles concentriques d’obligés et de courtisans.

Pourquoi ne pas le dire maintenant ? Mais oui, l’heure est au réveil, à la reprise en main d’une ville dont nous avons été dépossédés, à l’élaboration d’un vrai projet qui sera discuté, avec des engagements, des vrais, des moyens pour les tenir, le retour de la chose publique au centre du débat, et le renvoi chez elles des juxtapositions et des combinaisons d’ambitions médiocres et disparates.

Les victimes de tout cela, on les connaît, ce sont d’abord les enfants dont on oublie que c’est d’abord d’instruction dont ils ont besoin, car plus ils seront instruits, mieux ils comprendront les règles de vie en société. Cela doit être fait dans un climat dépassionné, ouvert et confiant. Ils n’ont pas à être baladés au gré des humeurs changeantes de ceux qui veulent mettre leur nom sur une entreprise de déménagement qu’ils travestissent en manipulant des concepts qui les dépassent largement.

C’est curieux comme nous nous souvenons tous de  ces années passées dans une école dont on passait les classes comme on gravit les marches du savoir. Et ça, ce sentiment d’appartenance à une entité dont les membres se connaissent et s’apprécient, ces nouveaux penseurs qui croient avoir inventé le monde, qui prétendent, du haut de leur ignorance, refaire une histoire qu’ils n’ont jamais apprise, nous faire marcher sur la tête parce que ça les arrange de nous déranger, ce sentiment ils voudraient l’extirper de notre mémoire. Peut-être en sont-ils jaloux ?

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