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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Wissembourg, primée par "Cittàslow" !

Voici ce que vous auriez pu lire dans les déhaina si ça avait été vraiment autrement et ensemble.

Wissembourg vient de réaliser ce que l’on peut qualifier de prouesse alors qu’elle n’en est qu’à sa troisième année de participation au réseau “ Cittaslow ” [ clic sur le lien ici et  ] ! La commune vient en effet d’être distinguée pour tous les efforts qu’elle a entrepris pour se mettre en phase avec la “ charte des 70 recommandations ” signée par le maire en novembre 2008. Rappelons le débat suscité en ville lorsque les premiers débats ont été organisés et que la municipalité s’est d’abord employée à convaincre et surtout à ne pas imposer. Il a fallu expliquer qu’obtenir le label “ Villes du bien-vivre ” signifiait que l’on s’engageait dans un urbanisme à visage humain pour rendre la ville à ses habitants. On était loin de ces incantations hystériques qui avaient été imposées les décennies précédentes avec ces psalmodies sur le thème des “ 10 000 habitants sinon rien ” ou “ 50 logements par an ou la mort ” qui sonnaient comme autant de slogans vides de sens, de souffle et d’âme.

S’inscrivant dans l’objectif général de division par deux de la consommation énergétique de la commune, le réseau “ Cittaslow ” a complété les études de l’ADEME, secondée par l’expérience dijonnaise, qui ont abouti à la rédaction du projet des Wissembourgeois pour la maîtrise de leur consommation. Curieusement, au fur et à mesure de la circulation des informations, des idées et des suggestions, il est apparu qu’il fallait dépasser le cadre étroit de la chaudière de chauffage central pour s’intéresser aux déplacements, aux habitudes commerciales, à la gestion de l’espace naturel ou urbain, mais aussi à notre rapport avec la culture, le patrimoine et l’expression en général, comme si chacun avait envie de remettre la ville à l’endroit quand les autres l’avaient mise à l’envers. Autant dire que les promoteurs ont été ravis d’être rapidement dépassés par les événements, en même temps que les Wissembourgeois, électeurs ou non, de sentir qu’ils avaient la bride sur le cou et que l’imagination, la leur, était au pouvoir.

Le plus gros travail de persuasion a consisté à convaincre … les élus communautaires qui n’avaient toujours pas compris que l’intérêt général commandait par exemple la mise en place d’un système de mise à disposition de vélos qui devaient être utilisés sur les nouvelles pistes cyclables qu’ils se devaient de tracer au lieu de nous servir les vieilles recettes de ces zones hideuses où l’on espérait installer, peut-être, ces halls de stockage censés nous procure des emplois. Mais les choses sont allées relativement vite, et le conseil général, pourtant hostile par nature à tout ce qui ne ressemble pas au conformisme, au formalisme et à l’archaïsme, a fini par se mettre autour de la table pour faire ses offres de participation financière.

On a ainsi vu fleurir ces initiatives d’animation aux antipodes de ces fêtes stéréotypées qui avaient été imposées jusque-là. Les fêtes de rue se sont multipliées mettant en rapport celles et ceux qui, apprenant à se connaître, se sont appliqués à se rendre service, le troc reprenant ses lettres de noblesse. Les cantines des établissements scolaires ont adapté leurs menus à la nouvelle situation, l’hospitalité a été érigée en principe, l’attention aux démunis et aux plus vulnérables s’est développée en même temps que les pétarades tonitruantes des automobiles et des deux-roues motorisés cessaient, faisant goûter tous les âges de la vie aux plaisir d’une ville calme, tranquille et paisible.

Ne voulant pas être en reste, la municipalité a lancé le seul appel d’offre qui intéressait les Wissembourgeois, et que les fermiers généraux ont boudé car il n’y avait pas d’argent à gagner, ce dont tout le monde s’est félicité : l’organisation d’une filière complète et locale autour du maraîchage. Tout le monde savait depuis longtemps qu’il y avait là plus qu’une niche à occuper, et c’est la municipalité nouvelle qui l’a fait, ringardisant définitivement les thuriféraires de la croissance indéfinie et des profits libéralistes.

Inutile de revenir sur l’impact de ce bouillonnement urbain qui a largement dépassé les limites étriquées des cervelles normatives et formatées des tenants d’un monde dont le salut ne passerait que par l’enrichissement des commentateurs fonctionnaires du ministère de la parole. Comme naguère chacun se devait de faire le déplacement au quartier Vauban [ pour mieux le caricaturer ensuite, hélas, mais c’est le problème quand on ne comprend pas l’essentiel ], on s’est pressé à Wissembourg dont la taille, la situation géographique et le dynamisme affiché permettait de dépasser le cadre du laboratoire d’idée.

Bénéficiant de ce regard favorable, l’attractivité de la commune n’a plus été à déclamer pour oui, pour non, et surtout pour peut-être. Ceux qui avaient quelque chose d’intelligent à dire, à promouvoir, à partager, à tester, à installer ont trouvé ici les conditions de leur réalisation.

Il était alors normal et mérité de récompenser ces efforts communs. Toute la population a été conviée à la “ cérémonie ”  de remise de la médaille qui s’est déroulée autour d’un immense banquet, repas tiré du sac, au cours duquel le maire s’est abstenu de tout discours ennuyeux, préférant laisser s’exprimer les vrais acteurs de toute cette belle effervescence.

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