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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

c'était il y a cinq ans …

… et c'est passé complètement inaperçu, comme les autres années, du reste. Ceux qui le désirent peuvent retrouver des traces de ces anniversaires en consultant les articles des mois de mars 2009, mars 2010, mars 2011 et mars 2012. Oui, on écrit toujours trop, et surtout on se fait toujours trop d’illusions parce que l’on pèche par excès d’espoir et de confiance envers ceux à qui on donne mandat pour faire souffler sur la collectivité le vent nouveau, vivifiant et régénérant dont elle a besoin. Pour s’en persuader, un retour sur le lendemain de cette victoire tant rêvée, trop à l’évidence en relisant l’article de mars 2008, et pourquoi pas celui de février 2008, quand on annonçait que l’on ne ferait pas de promesse.
À Wissembourg, il aura été possible d’inventer l’anti-pierre philosophale, celle qui transforme l’or de l’optimisme de la volonté en plomb du pessimisme de la raison. Quand tout était possible pour peu que l’on nous demande notre avis, et que l’on en tienne compte, on a choisi le caporalisme systématique, imposant à tous ce que quelques-uns décidaient dans le conclave de leurs réunions de cabinet.
Citons tout de même l’une des premières initiatives consistant à se laisser fourguer par le conseil général une DDE qui ne valait pas un clou en "échange" d’un palais Stanislas dont le même conseil général disait qu’il avait de grands projets le concernant : cinq ans plus tard, on est toujours à la case départ, avec en plus une lente et irrémédiable dégradation de l’édifice en prime.
Ensuite sont arrivés ces "grands projets", ou présumés comme tels, d’urbanisation, la mairie décidant de passer sous les fourches caudines d’un SCoT-AN qui s’imposerait à chacune des collectivités qui y est représentée. En fait, il aura sans doute suffi de quelques démarches appuyées de l’un ou de l’autre pour que l’on fasse comprendre au maire de Wissembourg que son intérêt et celui de "sa" commune passaient par une conduite de vassal face à son suzerain.
Plus tard, on en est venu à la surenchère en matière de "production de logements", dans la plus grande confusion, ne craignant pas de sous-entendre, à force de démonstrations, qu’il y aurait à terme plus de logements que d’habitants. On ne sait toujours pas avec quels revenus les occupants de ces dizaines de logements qu’il faut produire, produire et produire encore paieront loyers et mensualités alors qu’ils sont privés de travail. On a bien entendu trouvé la recette pour les occuper en faisant construire par un promoteur commercial des cellules dans lesquelles on va installer des boutiques de discounters. On ne sait toujours pas avec quels revenus les clients de ces "magasins" paieront les marchandises qu’ils achètent alors qu’ils sont privés de travail. Sans compter que les emplois créés ici seront supprimés là, puisque ce seront encore quelques enseignes du centre-ville qui paieront la facture.
Mais comme on a réponse à tout, on vous explique que ce n’est pas vrai, et que plus on s’agite, plus on s’active, et que l’agitation, c’est de la croissance. On a maintenant le droit d’en appeler aux résultats qui sont tout sauf favorables.

Ce n’était pas fini, puisque l’on a procédé à la mise sous tutelle des associations, donnant raison à un ancien maire qui pointait, dès la deuxième année de mandature, les dérives d’une municipalité qui a réussi à faire pire, on parle de l’ambiance, en quelques mois que l’autre en quelques années. Car s’entendre traiter de "dictateur xénophobe droite extrême" quand on a fait plus que sa part lors de la campagne de 2008, être tricard à la mairie sous prétexte qu’on a gardé un semblant d’esprit critique, être ignoré parce qu’on n’a toujours pas digéré la présence redondante d’un directeur de cabinet dont on se demande toujours à quoi il sert, voir des amis relégués au banc de l’infamie quand ils ont simplement défendu leur point de vue ou donné un coup de main à ceux qui sont réputés sentir le souffre, constater l’entêtement systématique, s’ennuyer au conseil municipal, devoir aller quémander un rendez-vous pour faire cesser allusions, potins et cancans, ne pas supporter l’aventurisme électoral, tout cela fini par laisser s’installer une atmosphère détestable qui n’a rien à voir avec ce que nous envisagions il y a soixante mois.

Doit-on se consoler en se disant que le plus gros est fait, et que dans un an, on en sera débarrassé. En fait, non, car s’ouvrira au mieux une longue période de glaciation idéologique, de raidissement intellectuel et de reprise en main d’une situation que la droite, dure avec les faibles et molle avec les forts, n’a jamais acceptée. On va voir rappliquer une navrante cohorte d’ambitions disparates et médiocres, portées par des idées réactionnaires, assemblage d’intérêts particuliers et souvent contradictoires, autant de gens insensibles à l’argumentation, qui vont nous "expliquer" qu’il faut donner encore du temps aux mentalités pour qu’elles évoluent, parce qu’eux-mêmes sont incapables de se remettre en question et de tenir comte de l’avis des autres.
Le fiasco de l’actuelle municipalité fermera donc, et pour quelques dizaines d’années probablement, toute possibilité d’avancée progressiste, quel que soit le sujet. Il suffit de voir comment on parvient à pervertir tous les concepts [ pensons à ce fameux "développement durable" phagocyté par les boîtes de com’ à la solde des libéralistes, ou encore à ce "service du public" invoqué par ceux qui n’ont jamais assez de moyens pour lui tordre le cou ] pour ne rien attendre de novateur de celles et ceux qui sont en train de s’agiter, dans une ombre qui les disqualifie, pour prendre la place d’un pouvoir aux abois. Contre toute attente, on aura joué la pire des mauvaises pièces puisqu’une liste progressiste, ou présentée comme telle, n’aura pas été capable de fédérer autre chose que les ressentiments, les regrets et le rejet.

Pour mémoire, un rappel, celui de la liste, non-exhaustive, des commissions que la municipalité ne devait pas oublier lors de son arrivée à la mairie :

la consultation populaire se poursuivra [ reste à faire ],
l’opposition aura un local dans la mairie [ reste à faire ],
le journal de la mairie deviendra celui de tous les Wissembourgeois [ reste à faire ],
un conseil des contribuables non-électeurs sera créé [ reste à faire ],
on cessera de chaperonner un conseil des enfants repensé intelligemment [ reste à faire ],
les indemnités du maire et des adjoints seront redistribuées [ reste à faire ],
les projets municipaux et immobiliers feront l’objet d’une consultation et d’une information préalables [ reste à faire ],
les Wissembourgeois pourront s’exprimer en marge du conseil municipal dans le cadre de questions écrites [ reste à faire ],
les initiatives d’alphabétisation et d’aide aux devoirs seront soutenues [ fait ],
les aides aux entreprises feront l’objet d’un cahier des charges établi avec elles [ reste à faire ],
l’attribution du local de permanence se fera de façon transparente [ reste à faire ],
le bureau du maire sera accessible aux handicapés [ fait ],
les élus s’engagent à venir à la mairie majoritairement à pied ou en vélo [ reste à faire ],
des jumelages seront signés avec des villes de pays du Sud [ reste à faire ],
la ville adoptera un prisonnier d’opinion et/ou un otage et le fera/feront « citoyen d’honneur » [ reste à faire ],
les élus s’interdisent de recevoir quelque breloque que ce soit durant leur mandat [ reste à faire ],
les rues sens unique seront mises à double sens pour les vélos [ fait ],
un système municipal de covoiturage sera mis en place [ reste à faire ],
des conseillers de quartier seront désignés [ reste à faire ],
un partenariat avec l’ADEME sera mis en œuvre dans les prochaines semaines en s’inspirant de l’expérience acquise par les Dijonnais [ reste à faire ],
les demandes de capteurs solaires seront systématiquement relayées de façon positive, quelle que soit la situation du demandeur [ reste à faire ],
la rue des Ecoles sera mise à une voie de circulation, la place libérée étant transformée en voie cyclable à double-sens [ reste à faire ],
un plan de circulation urbain sera mis en place concomitamment avec les plans de déplacement d’entreprise et des aides seront mises en place pour l’achat de vélos par les particuliers qui s’engagent à renoncer à l’usage de la voiture [ reste à faire ],
les réunions de quartier seront rénovées [ reste à faire ],
des comptes rendus annuels de mandat seront faits pas la municipalité [ reste à faire ],
l’île de la Lauter sera sanctuarisée [ reste à faire ],
le musée sera rendu aux Wissembourgeois [ reste à faire ], etc.

Bon anniversaire, l’infortune !

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