Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Et Monsieur Ph. Richert vint…

richert 290812C’est sur du papier à en-tête de l’assemblée régionale qu’il préside, après avoir exercé ses talents à l’assemblée départementale, que Monsieur Ph. Richert nous annonce, et presque nous enjoint de l’imiter, qu’il soutient la candidature de Monsieur F. Fillon, ancien Premier-ministre, ancien député de la Sarthe, et actuel député de Paris [ dans une circonscription très difficile pour la droite, puisqu’il y a été élu avec 56,46% des voix contre 43,54% à son adversaire socialiste, le généticien Axel Kahn ]. On appréciera le procédé qui consiste à mélanger les genres, la vie [ respectable, mais qui n’appartient qu’à ses militants ] d’un parti politique et celle d’une région [ qui, quoi qu’en pense ou le regrette Monsieur Ph. Richert, n’est pas habitée exclusivement par les soutiens du centrisme, de la droite, du gaullisme social et de la démocratie chrétienne, comme il aime à référer dans “sa” lettre ].

Peinant à se remettre de la cuisante dégelée dont il a été l’un des acteurs, l’un des protagonistes même, puisqu’il avait la responsabilité ministérielle des collectivités locales, n’acceptant qu’avec difficulté d’avoir complètement échoué dans son entreprise [ si la droite a perdu la majorité sénatoriale, c’est en grande part à Monsieur Ph. Richert qu’elle le doit, lui qui se gargarisait de connaître toutes les ficelles de la Haute Assemblée pour y avoir été questeur ], reprenant à mot couvert cette fameuse saillie de l’un de ses ex-collègues qui osait dire, en pleine Assemblée Nationale que si la Gauche était revenue au pouvoir en 1997, c’était par effraction [ c’était Monsieur F. Baroin, le 8 novembre 2011 ], Monsieur Ph. Richert nous envoie son devoir de vacances en prétendant nous livrer le fond d’une pensée. Il se trouve évidemment quelque commentateur local pour s’en émouvoir et gloser, en convoquant tous les “has been” du bestiaire politique régional, histoire d’occuper le terrain.
Que nous dit “l’homme fort” régional ? En fait, rien, ou presque, ce qui ne nous change guère de ce à quoi il nous a habitués.
D’abord, la crise est dure ! C’est curieux, mais les millions de chômeurs et de recalés d’une société du profit mercantile défendue par les amis politiques de “l’homme fort” régional s’en sont aperçu depuis longtemps. Au passage, on notera qu’il n’y a jamais une trace d’autocritique dans son propos. Parce que, la crise certes, mais qui donc l’a provoquée ?
Il continue avec un satisfecit à une politique gouvernementale dont il affecte de ne pas se rappeler qu’elle a été lourdement sanctionnée, à chaque élection intermédiaire [ cantonales, municipales, régionales, européennes, et sénatoriales ], par la voie des urnes, et que la défaite du printemps 2012 n’en a été que l’ultime épilogue.
Nous sommes bien aises d’apprendre que Monsieur Ph. Richert lit, même des livres oubliés de tous, comme il l’écrit ingénument. Et de citer Monsieur Ph. Séguin, ancien mentor de Monsieur F. Fillon, pour ce qu’il a écrit en 1985. Il fallait à l’époque réussir l’alternance. Il suffirait sans doute pour l’actuelle opposition d’essayer de ne pas se rater dans l'infortune qu’elle connaît pour l'avoir provoquée.
Il y va ensuite du couplet obligatoire sur ce que “nous ne serons pas”, à savoir des opposants naturellement systématiques, rôle qu’il assigne à ces socialistes qu’il déteste par-dessus tout. Il devrait en toucher un mot à celui qui lui a succédé au Sénat, Monsieur A. Reichardt, qui prétendait dans une tribune “entrer en résistance”, rien de moins, parce que la majorité y avait changé de couleur ! Mais, promis, juré, croix de bois, croix de fer, on ne se lancera pas dans le jeu de miroir d’un insupportable anti-hollandisme primaire, pendant de droite à l’anti-sarkozysme de gauche ! Il suffit de les entendre se relayer en boucle, comme ce jeudi 30 août 2012, Madame F. Parisot sur France Culture et Monsieur A. Juppé sur France Inter pour être persuadé que l’on a en face une opposition honnête, soucieuse de servir la France et forte de ses convictions.
Il a une formule intéressante quand il parle d’une alternance qui “adviendra dans les territoires avant d’être octroyée au national par des citoyens qui nous la concèderont” sur la base de ces fameuses convictions. Mais connaît-il bien la signification des termes qu’il emploie ? Les citoyens ne concèdent rien, ils adhèrent à un projet, on ne rétrocède rien aux élus, “octroyer” est par conséquent déplacé, quant une alternance qui adviendrait, c’est plutôt de reconquête de pouvoir qu’il s’agit. Au passage, et après nous avoir dit pendant dix ans que les élections locales ne comptaient  pour rien, voilà que ces gens en redécouvrent les vertus et qu’ils se mettent en tête d’adopter pour 2014 … la stratégie du parti socialiste de la fin des années quatre-vingt dix ! Voilà qui ne manque pas de piquant !
Il remet le couvert par la suite en reprenant le couplet de l’enracinement dans “les territoires”, avec au passage un petit mot pour nous assurer qu’il ne monnaiera pas des “valeurs” sur lesquelles il n’envisage pas de transiger. Ce doit être pour que l’on comprenne qu’un cordon sanitaire est maintenant solidement constitué face à l’extrême-droite, notion qu’il aura bien du mal à expliquer à tous ces élus qui doivent une grande part de leur élection aux insistants appels du pied à la frange de l’électorat nostalgique de l’ordre au pas de l’oie.
Nous avons bien entendu droit au trémolo sur l’attachement au progrès, au travail, à la justice, à l’ordre à la solidarité et à la responsabilité qui serait l’apanage de la droite et du centre, avec en filigrane, cette antienne que la réaction nous sert depuis 1936, quand elle brocardait le ministère de la paresse dévolu à Léo Lagrange, mort au combat en juin 1940. Il ponctue son paragraphe en appelant ses amis à faire preuve de simplicité, de modestie et de sérieux, autant de vertus dont on a vu qu’elles étaient à l’œuvre en particulier lors du précédent quinquennat.
Et, adorant voler au secours d’une victoire acquise d’avance, il s’en remet aux élus et aux militants auxquels il s’adresse [ sur du papier à en-tête du Conseil régional, il n’est pas inutile de le rappeler ], il nous [ ? ] enjoint de faire confiance à celui qui a déserté “sa” circonscription de la Sarthe [ qu’il a tenté de relier à un “barreau” de TGV ! ] pour une sinécure parisienne.
En lisant cela, on se demande si Monsieur Ph. Richert lit les journaux, s’il sait que la défaite a été lourde, cuisante et puissante, que c’est aussi une accumulation de comportements inadmissibles qui a été sanctionnée, qu’un mode de gouvernement s’est rendu insupportable, en premier lieu à celles et ceux qui sont les premières victimes d’un système devenu machine à broyer les êtres humains, sacrifiés sur l’autel du profit démesuré, du mercantilisme institutionnalisé et de l’égoïsme érigé en dogme. D’ailleurs, que fait réellement Monsieur Ph. Richert ?

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article