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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

notre-dame-des-landes : ayrault et valls s'énervent ! – 2/n

Un groupe d’opposants à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, a interrompu ce mercredi matin le programme de France Culture pour lire un communiqué. On n'était pas plus contrarié que ça, puisque cela permettait de couper le sifflet aux donneurs de leçons patentés qui occupent, à quel titre ?, des micros qu'il utilisent pour déverser la propagande libéraliste. On en a encore eu une illustration avec la chronique de ce pauvre Monsieur B. Couturier, qui cette fois s'en est pris au président Obama, qui sûrement dû être impressionné par l'intensité de la charge. C'était proproment pitoyable.
Selon une technique bien rodée, les "animateurs" de la tranche matinale nous ont servi la xyloglosse habituelle, sur le thème de "nous avons déjà largement abordé cette question qui a fait l'objet d'émissions et de dossiers ; nous n'acceptons pas l'intrusion de perturbateurs, etc." Mais comme ils n'ont rien à se reprocher, ils ont tout de même laissé quelques minutes aux membres du collectif qui a pu lire son communiqué et faire part de l'état de la mobilisation, dont on a rarement entendu parler sur les antennes de "radio matin france culture". Pendant ce temps, un premier ministre pérorait sur "radio matin france inter", sans que ces journalistes, collègues de ceux qui avaient été interrompus, aient même l'idée de l'interroger sur les brutalités policières dont le site de l'ex-futur "ayraultport" sont actuellement le théâtre. Cela interpelle-t-il l'auteur de cette intéressante anaphore qui nous disait il y a six moi que "Moi Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire."
On rappelle que ce projet,
soutenu par les collectivités locales socialistes, est contesté par les agriculteurs, les écologistes et les anticapitalistes. Sur le plan national EELV, le Parti de Gauche ou le MoDem y sont opposés.

De la part de Fabrice Nicolino :

[ex-apprenti chaudronnier, ex-soudure, ex-livreur, qui a aussi été employé, a travaillé avec des enfants, expédié des vêtements, classé des monceaux de polices d’assurance à la main, par numéro, et plus d’une fois, n'a rien fait ! Par ailleurs, il a vécu quelque temps en Italie, et sur le continent américain, du nord au sud. Il est journaliste professionnel depuis la fin de 1984. Dans ce cadre, il a écrit pour différents journaux, parmi lesquels Femme Actuelle, Viva, Politis, Le Canard Enchaîné, Télérama, Géo. Actuellement conseiller éditorial du groupe Bayard, il  signe dans deux de ses journaux, Terre Sauvage et La Croix. il est aussi l'auteur de sept livres. Un polar, au Fleuve Noir. Des livres pour les enfants, dont Yancuic le valeureux et La France sauvage racontée aux enfants (Sarbacane). Le tour de France d’un écologiste (Le Seuil). Enfin, deux essais parus chez Fayard : Pesticides, révélations sur un scandale français (avec François Veillerette) et La faim, la bagnole, le blé et nous (Une dénonciation des biocarburants). Il a un site qu'il est conseillé de visiter [ clic sur le lien ].]

Une vaste coalition menée par le ci-devant maire de Nantes, actuel Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, veut un autre aéroport à Nantes. C’est en tout point lamentable. Ayrault, qui habite la Lune avec tous ses petits camarades, ne sait rien de ce qui se passe sur la Terre. Le pic pétrolier, la crise climatique, la biodiversité, la fin des illusions progressistes, il s’en tape. Il a l’intention de finir sa vie comme il l’a commencée. On ne peut rien attendre de lui. Céder devant sa pure connerie, accepter que cet aéroport nantais soit construit serait signer une défaite historique de notre camp. Le camp incertain, mais puissant en vérité, des défenseurs de la vie et des lieux. Marie Jarnoux, qui vit sur le territoire convoité par les promoteurs de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, a trouvé sa voie, qui nous concerne tous. C’est celle de la lutte, drapeau déployé. On ne peut espérer gagner que si l’on se bat. Et Marie n’entend pas perdre. Dire que je la soutiens est certes un peu facile. Je n’y suis pas, moi, à Notre-Dame-des-Landes. Je ne subis pas, jour après jour, les assauts de tous les employés de la destruction. Raison de plus de lui dire merci pour le texte qui suit, qu’elle a lu au cours du « Forum européen contre les grands projets inutiles imposés », qui a réuni près de 8 000 personnes près de Nantes.

Le texte de Marie Jarnoux : Amis d’ici, amis d’ailleurs,
Chacun sait qu’un territoire se défend avec ses habitants, et qu’un territoire vidé de sa population est facile à conquérir. C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’un appel à l’occupation des terrains injustement appropriés par les promoteurs de ce projet, fut lancé le 1er mai 2008. La stratégie fut payante. Le rouleau compresseur ne passe pas aussi facilement que prévu. Nous sommes en 2012 et les travaux sont fortement ralentis.
Nos ennemis communs (AGO (Aéroports du Grand Ouest), Vinci et l’État) savent bien que s’ils parviennent à nous faire partir, nous qui habitons cette zone … ils auront gagné ! Nous ne les laisserons pas réaliser leur projet de mort en détruisant nos lieux de vie, même si tous les moyens sont bons pour nous virer ! Harcèlement téléphonique, passage d’huissiers, militarisation de la zone, visite de cadres de Vinci qui nous assènent qu’il faut être raisonnable... accepter de quitter nos maisons… céder nos terres… quitter ce territoire que nous aimons sous peine de tout perdre et d’être assignés en justice.
Dans ce combat juste que nous vivons, rien ne nous est épargné
En septembre dernier, la violence policière aveugle s’abat sur des opposants venus investir le square Mercoeur et ses arbres pour que les passants pressés lèvent les yeux au ciel et lisent sur les banderoles pourquoi nous ne voulons pas de l’aéroport et de son monde. 24 arrestations dans la journée, un camarade électrocuté au tazer à 10 mètres de hauteur par les hommes du GIPN.
Le 21 juin dernier, les opposants investissent la mairie de Notre-Dame-des-Landes pour exprimer leur refus catégorique du projet. Les manifestant-e-s sont matraqués et gazés. Les gendarmes mobiles brisent la vitre de certains tracteurs au pied de biche et arrêtent un paysan. Son outil de travail est confisqué et il est convoqué le 28 août prochain à Saint Nazaire, pour « violence volontaire avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique. »
La famille Herbin est convoquée mercredi prochain, le 11 juillet, au tribunal de Saint Nazaire pour, dans le langage juridique à vomir de l’huissier « débarrasser les lieux de leur présence. » Ce sont les premiers habitants légaux de Notre-Dame-des-landes qui se retrouveront face à un juge pour le simple fait d’habiter sur la zone. AGO/VINCI affirment dans leurs communiqués que cette famille est « sans droit ni titre », pour pouvoir leur réserver le même sort qu’aux occupant-e-s : une expulsion rapide. Depuis le 3 juillet, d’autres locataires sont expulsables et recevront eux aussi une convocation au tribunal. Nous savons qu’à mesure qu’avance la machine judiciaire, tous ceux qui veulent rester et résister seront sans droit ni titre.
Ce ne sont que trois exemples parmi tant d’autres de la répression des opposant-e-s.Et que dire des coups de poignards dans le dos de nos chers élus politiques. Rappelons nous le discours de Mme Duflot lors de l’université d’été des Verts, elle fanfaronnait : « je le dis, les yeux dans les yeux, l’accord de 2012 avec le PS, s’ils ne lâchent pas sur Notre-Dame-des-Landes, ce sera non. » Ces pitoyables mensonges démontrent qu’entre les convictions écologiques et sociales sur lesquelles les politiques brodent à longueur de discours et l’attrait malsain des ors du pouvoir, ils ont choisi. Nous ne sommes pas de ceux qui se laissent berner par ces promesses électorales et ces campagnes attrape nigauds. Nous ne sommes pas de ceux qui par leur naïveté deviennent le paillasson sur lequel ils s’essuyent négligemment pour gagner le confort douillet de salons ministériels.
Face aux matraques, aux intimidations et aux trahisons politiques nous pourrions baisser les bras. L’incertitude des lendemains, la passivité d’une partie des habitants du coin, sont souvent difficiles à vivre. Mais nous le redisons, la bataille continue, et nous ne pouvons pas la perdre. Non pas parce que nous sommes les plus forts, mais parce que c’est nous qui avons raison. La procédure d’expulsion contre la famille Herbin est un test pour tous les opposants. Ne pas réagir avec force, c’est abdiquer devant Vinci, Ago et l’État.
Non ! Nous ne les laisserons pas voler nos maisons, nos terres, et détruire nos vies ! Dès le 11 juillet à 9 heures retrouvons-nous devant le tribunal de Saint Nazaire pour leur signifier que nous ne partirons pas ! Dans les semaines et les mois à venir : bloquons les enquêtes publiques, les travaux préliminaires et chaque étape du projet ! Renforçons l’occupation de la ZAD et le mouvement de lutte contre l’aéroport ! C’est ensemble que nous pouvons enrayer leur machine et stopper le projet !

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