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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Semaine 22 – 2041 ± 7 – "réforme territoriale"

Pour mieux comprendre les velléités de "réforme administrative" mise en œuvre tant par l’actuel gouvernement que par le courant boulangiste local, il suffit de fureter dans la presse francophone, et on en fait des découvertes !
C’est la version électronique du journal luxembourgeois "Le Quotidien" qui rapporte cette information qui n’est pas sans éclairer singulièrement l’actualité wissembourgeoise.

Le Grand-Duché vient en effet de supprimer les districts, et surtout les commissariats de districts, équivalent de nos préfets puisqu’il s’agissait de fonctionnaires nommés par le Grand-Duc et placés sous la surveillance du ministre de l'Intérieur. Les commissaires de district exécutaient les dispositions et les instructions des membres du gouvernement. Leur compétence s'étendait à toutes les villes et communes, syndicats de communes et établissements publics communaux de leur district. Ils avaient des attributions en matière de surveillance des communes, de police administrative, de contentieux des listes électorales, présidaient les commissions des loyers, les comités de concertation régionaux, et délivraient les permis de pêche ou encore les permis de chasse.
C’est au nom de la création d’un contact plus direct sur la base d’un partenariat entre l'État et les communes que l’on vient de rayer de la carte administrative les 171 ans d’existence de ces trois districts, ou du moins, pour l’instant de la fonction de commissaire de district. Cela donnera aussi aux communes et aux élus les prérogatives qui leur reviennent en abolissant les chemins superflus, ne manque pas de préciser le ministre grand-ducal de l’Intérieur, Monsieur D. Kesch, insistant sur l'évolution de la société et des techniques de communications exige une réforme de la surveillance des communes et une accélération des procédures. Les vingt-quatre personnes concernées seront pour la plupart réaffectés au ministère de l'Intérieur, au sein duquel une cellule de conseils juridiques pour les communes va être mise en place, autrement dit, où elles feront le même travail qu’auparavant, mais on aura tout de même supprimé trois emplis de commissaire !
Cet acte n’est que le premier d’une série visant à trouver des solutions communes pour simplifier les choses.
On pourrait retranscrire mot pour mot cette information en n’y changeant que les noms propres et les spécificités nationales. Ainsi, "commissaire" devient-il "sous-préfet", et la loi du28 pluviôse, an VIII – 17 février 1800, et le tour est joué.
Où l’on constate que loin d’être idée originale, et encore moins une lubie comme on avait fini par le croire, cette marche forcée au détricotage du tissu administratif est bien une stratégie visant à constituer des sortes de principautés, de généralités comme au temps de l’Ancien Régime, pour permettre aux roitelets locaux de mettre les moyens publics un peu plus au service des intérêts privés et financiers
Afin de lever tout malentendu, il ne s’agit pas de pleurer sur les heurs et malheurs de la fonction préfectorale, représentation exclusive du gouvernement. Un timide progrès avait été fait en 1981 en instituant des Commissaires de la République, et en leur donnant, après la mise en place de la décentralisation, un rôle de médiateur, d’animateur et d’expert au service de collectivités territoriales qui ont passé leurs premiers mois à organiser leur parc automobile et à sélectionner les architectes de leurs châteaux et palais, appelés par euphémisme "Hôtel de région" ou "Hôtel de région". De ce point de vue, l’Ancien Régime avait au moins le mérite de la franchise… De même a-t-on pu rencontrer quelques-uns ou quelques-unes de ces serviteurs de l’État, dont on se dit, après une conversation, qu’avec elle ou lui, la République est sous bonne protection. Car à l’instar de la police républicaine, il existe aussi, si, si, c’est authentique, une préfectorale républicaine.
À l'évidence, ce qui nous est présenté comme une "réforme majeure", et pourquoi pas fondatrice, ajoutons même "la mère des réformes" de ce quinquennat raté est inspiré non pas par une volonté politique originale mais plutôt par les phobies et obsessions des gnomes de Bruxelles, obnubilés par les économies que l'on doit faire sur le dos de ce Peuple que l'on méprise pour gaver un peu plus ces actionnaires que l'on courtise.

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