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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

referendum : “ le pays de Wissembourg ” consulté sur un projet communautaire

Dans un exercice de démocratie directe sans précédent, le texte de ce référendum consultatif a été élaboré par une commission de 25 citoyens ordinaires tirés au sort.
“ Faut-il faire de ces propositions la base d'une nouvelle organisation politique locale ? Ma réponse est OUI ! ”, a clamé la présidente de la commission citoyenne qui a pris en charge l’élaboration d’un projet consensuel.
Lors de ce référendum consultatif – dont le résultat sera indicatif –, les habitants du “ pays de Wissembourg ”, tous les habitants, seront invités à répondre par oui ou par non à six questions sur des sujets tels que la politique industrielle locale, les enjeux culturels, le rôle des ressources naturelles, la gestion économe de l’énergie, le schéma local des transports ou la politique de l’habitat du “ pays de Wissembourg ”. Ils seront aussi consultés sur la possibilité de referenda d'initiative citoyenne, ou populaire, et sur le mode de scrutin. Ils devront également dire si la future organisation doit être fondée sur le projet qui leur est présenté. Ces six questions ont été choisies par une commission de 25 citoyens ordinaires tirés au sort en 2010.
Bonne participation
On s’attend à une bonne fréquentation des bureaux de vote, bien au-delà de la participation électorale enregistrée précédemment lors des dernières consultations, comme celles des années passées, si l’on excepte l’élection présidentielle. Le contexte y est naturellement pour quelque chose, sur fond de faillite généralisée du système politique, de l’endettement extravagant des collectivités territoriales et de la mainmise de cliques et de clans sur la politique locale. Rappelons que le système est ancien, que la mise en coupe réglée de l’ensemble de la circonscription date du lendemain de la Libération, quand il s’est agi de procéder à la Reconstruction. Jusqu’à présent, les responsables ont été incapables de juguler les appétits de ces amis qui confondaient intérêts personnels et bien-être collectif. Se calant sur l’expérience acquise par les Islandais qui ont pris leur destin en main après la faillite, en 2008, de la banque britannico-néerlandaise Icesave, l’intercommunalité, prenant enfin la mesure des enjeux, et considérant les habitants comme des êtres majeurs, a décidé de lancer un grand processus novateur pour entrer de plain-pied dans le XXIème siècle en s’affranchissant des pesanteurs formalistes d’un système politique en coma dépassé.
“ Tout s'est pour l'instant bien passé, mais c'est un peu lent ”, a déclaré la présidente, tirée au sort, de la commission elle-même désignée par tirage au sort sur une liste de volontaires déposée au siège du collège des médiateurs mis en place il y a deux ans pour superviser le travail. “ Mais nous savons que nous nous trouvons au début d’un processus qui, une fois mis en marche, débouchera sur le consensus local dont nous avons besoin ”, a-t-elle poursuivi.
Réexamen politique, enfin !
L'actuelle administration, issue de la centralisation historique du pays et de cette décentralisation organisée, en 1983, par des centralisateurs qui ont reproduit à l’échelle locale les errements du désordre national a fait ses preuves, qui l’accablent, selon la formule consacrée, et singulièrement, qui n’est pas usurpée. Construction, pour € 600 000,00, d’une soi-disant “ maison de la communauté de communes ” dans les locaux d’une ancienne école, captation de des “ compétences ” municipales qui ont vidé les conseils municipaux de leur substance, délibération d’assemblée élue au second degré éloignée des citoyens, superposition de strates administratives par ailleurs médiatiquement par les amis politiques de la majorité soi-disant communautaire, il était plus que temps de remettre en question d’insupportables pratiques, à l’origine de la désaffection des urnes observée ces trente dernières années, et de la chose publique en général, au profit, localement du courant d’extrême-droite qui rêve de … supprimer les élections une fois parvenu au pouvoir. C’est l'acte de décès d’un système de démocratie représentative dévoyé qui sera soumis au verdict populaire, jetant les bases solides d’un exercice déconcentré du gouvernement. La revendication que le futur collectif soit élaboré par de simples citoyens s'est alors imposée du fait de la disqualification des représentants élus qui avaient pris des initiatives pour lesquelles ils n’avaient pas reçu mandat. Ces dix-huit derniers mois, un groupe composé de 25 citoyens de différentes origines sociales a ainsi travaillé sur le projet régional avant de le poster sur internet pour permettre à leurs concitoyens d’y réfléchir, de le discuter et de l'enrichir, ce que plusieurs centaines d'entre eux ont fait. Le projet sera soumis au Peuple par le recours au référendum au printemps 2013, puis, dans la foulée, au conseil communautaire qui pourra prononcer sa dissolution, pour le plus grand bien de tous.
Lignes de fracture
Si la majorité du conseil communautaire est résolument favorable au OUI comme elle l’a récemment déclaré lors d'un débat décentralisé, l'opposition, de droite dure, appelle à voter NON. Le parti de l'ancien président de la République au pouvoir pendant la majorité du siècle dernier, estime que le projet doit être étudié plus en détail et que “ c'est aux assemblées élues de prendre les choses en main ”, reprenant l’antienne bien connu d’un usage restrictif de la souveraineté populaire.
Aucun sondage sur l'issue du scrutin ne sera publié, les “ instituts ” en question ayant fait la preuve de leur incompétence ;  il est maintenant par ailleurs établi qu’ils ont activement participé à la mise en coupe réglée de l’opinion publique, considérée comme une matière première au service des intérêts financiers responsables du marasme ambiant.
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Ce que vous venez de lire est évidemment une fiction. Il s’agit du troisième et dernier épisode du feuilleton “ referendum ” qui n’aura jamais lieu sous une autre forme qu’autoritaire parce qu’organisé par des caporalistes qui redoutent la volonté populaire. Mais c’est comme ça. Il n'est malheureusement pas question, pour les habitants de la communauté de communes, électeurs ou non, de s’emparer d’un débat que les “ zinzins ” [ imprécateurs institutionnels ] ont décidé … de ne jamais lancer. Il suffit de s’en tenir aux actes posés par ces personnages.
L’un des derniers faits d’armes, c’est l’histoire idiote des éoliennes. Les communes ont abdiqué une fois de plus devant la volonté même affichée publiquement de la communauté de communes. On est bien en face d’un détricotage au profit de ce qui est tout sauf une assemblée démocratiquement élue. Cette fois, elle s’est chargée du service après-vente d’une compagnie qui vend de l’éoliennes parce qu’elle ne vend pas des joints de culasse ! En effet, Iberdrola, basée à Madrid, fait partie de ces “  énergéticiens [ qui ] ont besoin de rentrer du cash en cédant des parcs mis en production pour financer les nouveaux développements très coûteux ”, dit un expert. Iberdrola Renewables, la filiale de l'espagnol spécialisée dans les énergies renouvelables, a ainsi 10 000 MW de projets en développement à travers l'Europe, principalement au Royaume-Uni, mais elle envisage de se désengager du “ marché français ” où la situation est devenue tendue : le risque que les recours intentés par l'association “ Vent de colère ”, qui lutte contre l'éolien industriel, se traduisent par une remise en cause du modèle de fixation des tarifs y est évidemment pour quelque chose, malgré des démentis dont l’enthousiasme est plus que mesuré. “ i ”, ajoute ce professionnel. Interrogé, le siège d'Iberdrola à Madrid répond qu'il procède à intervalles réguliers à une évaluation de ses actifs à l'étranger et qu'il n'a pas l'intention de se désengager de France. Ce qui venant de gens qui ont l’habitude de ne dire que la vérité ne saurait être remis en question, naturellement.
Et il y a du cash à faire, à s’en gaver, à s’en faire péter la sous-ventrière en installant ces machines, de préférence dans des zones où la population est réputée obligeante parce que son personnel politique l’a habituée à accepter ce qui lui était imposé. On fait miroiter des retombées fiscales, mais, une fois la vingtaine d’années passée en même tems que l’effet d’aubaine, les collectivités territoriales devront se coltiner démontage et remise en état. Signalons que les fondations d’une éolienne, c’est au minimum 400 m3 de béton, pour une masse d’environ 1 000 tonnes. Dit comme ça, les choses sont déjà plus claires. Cette fois, il semble que la pioche soit mauvaise, et que le discrédit s’ajoute à la disqualification. Un village, puis un autre, les membres d’opposition du conseil municipal de la commune principale qui se réveillent, un site internet, des informations qui circulent sur ce que l’on qualifie de “ réseaux sociaux ”, une réunion publique par-ci par-là, la mécanique se grippe, tout ne fonctionne plus aussi bien qu’avant. Eh oui, les citoyens ont trouvé les moyens de s’exprimer, de s’organiser, de réfléchir, de contester, de contredire, et de proposer ! Et là, le combat change d’âme, l’espoir change de camp !
Que réclamons-nous, chacun à notre manière, avec nos sensibilités et nos différences ? Simplement le minimum de considération, la reconnaissance de notre dignité, et le respect des engagements pris par ceux qui sollicitent notre confiance, tous les engagements mais rien que les engagements. Qui peut avancer qu’il y a quatre ans il était question, publiquement, lors de la campagne des élections municipales, d’une zone de développement éolien dans le secteur ?
D’ailleurs, quel que soit le sujet, on retombe toujours sur les mêmes questions : le PLU, on n’en savait pas grand-chose, les logements à “ produire ”, pas plus, les zones ceci et territoires cela, encore moins. Tout ce qui nous est mis sous le museau actuellement est nouveau pour la plupart d’entre nous. Pas étonnant que, grâce à la volonté de quelques-uns, et faisant fi des intimidations, naissent ici une association et là un collectif, qui demandent sempiternellement la même chose : respect, considération, dignité.
Cela aura-t-il un débouché politique ? Peut-être, sans doute non, mais l’expérience acquise, la mise en commun, la solidarité, la mutualisation des intelligences et des bonnes volontés germeront, et produiront forcément plus et mieux que les discours stéréotypés, jalonnés de néologismes pseudo-technoïdes de quelque membre de ces armées mexicaines [ pardon aux Mexicains ] de bureaux, de commissions permanentes, de président et de vice-présidents à tout-va de communautés de communes qui sont à la communauté commune ce que la musique militaire est à la musique.

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