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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

réponse à monsieur d. raimbourg

dont la lettre a été publiée précédemment :
Monsieur,

J’ai bien lu votre courriel dans lequel vous me faites part des arguments qui vous amène(raie)nt à approuver un équipement dont vous savez bien qu’il est obsolète avant même d’avoir été utilisé. Quelle que soit la vacuité de votre raisonnement, vous avez autant le droit de l’énoncer que je l’ai à le contester. Là où les choses tournent à votre désavantage, c’est quand vous sortez de votre chapeau cette argutie selon laquelle le caractère exogène de la contestation, au prétexte que les personnes qui la portent seraient majoritairement étrangères au territoire, la rendrait illégitime. C’est une bien curieuse façon de tourner les choses, car cela sous-entend que vous considérez que notre pays, qui est autant le vôtre que le mien, n’est plus qu’une sorte d’agglomération de ces "territoires", dont je vous rappelle qu’ils désignent souvent des possessions à la tête desquelles la puissance occupante ou coloniale nomme des gouverneurs. Dois-je vous préciser qu’en restreignant aux seuls habitants d’une région le droit à la contestation, vous nous interdisez par exemple d’être publiquement solidaires des peuples en lutte contre les dictateurs [ je pense entre autres à Madame Aung San Suu Kyi qui a fait l’objet de toutes les sollicitudes du parti politique auquel vous appartenez, ainsi que plus loin, à Monsieur Savadore Allende, à qui, si j’avais suivi votre "raisonnement", il m’aurait été interdit de manifester ma solidarité puisque je ne suis ni birman ni chilien ], ce qui doit vous être particulièrement inconfortable, je n’en doute pas. J’ajoute avoir été maintes fois confronté à ce type de réflexion de miroir : si on n’est pas du coin, on n’a pas le droit de contester parce qu’on n’est pas concerné, et si on est du coin et qu’on n’est pas d’accord, c’est qu’on n’a rien compris. C’est votre façon de penser, ça n’est pas la mienne.
Assimiler implicitement violence et contestation ne fait pas honneur aux idées que vous prétendez défendre, de même que réduire l’opposition à 150 à 200 personnes ultra radicalisées dont la violence justifierait le déploiement d'un nombre conséquent [ vous voulez probablement dire "consistant", moi je dirai "disproportionné" ] de gendarmes à qui votre pouvoir fait jouer un rôle que ne doit pas les réjouir, car je n’oublie pas que ce sont des hommes et des femmes, et qu’ils ont aussi une conscience, vous aussi d’ailleurs.
Vous essayez de m’impressionner avec l’ennuyeuse énumération de ces collectivités qui soutiennent cette chimère. Vous savez mieux que moi qu’il s’y applique cette insupportable discipline partisane qui contraint les meilleurs d’entre vous à avaler des couleuvres jusqu’à la nausée, annihilant toute tentative ou velléité d’expression libre et critique. Vous marquez donc un point à nouveau contre votre camp. De même la convocation d’un État de droit relève-t-elle plus de la psalmodie et de l’incantation que de la disputation entre esprits raisonnables.
J’admire votre soutien presque pathétique à l’actuel premier ministre, sur qui je fondais des grands espoirs et qui révèle au fil des mois des traits de caractère, je pense en particulier à son entêtement vis-à-vis des opposants et à sa souplesse idéologique vis-à-vis des "200 familles" dit "medef", qui finissent par brosser du personnage un portrait assez négatif. L’envoi de la "force publique" qui a ensuite pour mission de détruire de maisons habitables et habitées, pour déloger des squatters en haillons paraît alors hélas assez cohérent, j’ajouterai, malheureusement.
Je veux tout de suite vous rassurer : pourquoi vous donner tant de mal à essayer de me convaincre en plaidant aussi mal une cause perdue à laquelle, vous et vos amis, ne croyez même plus ? Quant au hochet attribué à Nantes, capitale verte de l'Europe, vous comprendrez que cela achève définitivement le propos : pourquoi toujours une "capitale", qu’a-t-elle de plus verte que les autres villes, et l’Europe, à qui un trait d’humour norvégien, donc incompréhensible, vient d’attribuer le prix Nobel de la paix, c’est la totale !
Salutations distinguées d’un citoyen ulcéré de l’utilisation faite de son bulletin de vote.

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Régis Hulot 13/11/2012 21:28


Belle réponse à ce tissu d'âneries dont Dominique Raimbourg semble vouloir assumer la paternité. Car, il faut le rappeler, Dominique Raimbourg, député, ancien adjoint au maire de Nantes, est un
brillant avocat pénaliste, et certainement aussi un humaniste à qui irait bien un slogan tel que "l'humain d'abord". C'est en cela qu'il est triste de le voir prêter son talent, ou sa
bienveillance, à cette entreprise désastreuse dont l'objectif semble être essentiellement la réalisation d'un caprice - sans oublier tout de même que des intérêts parfaitement triviaux sont à
l'oeuvre.


Espérons que la mobilisation actuelle sera le levier qui, avec les premiers doutes, permettra à ceux qui ont été convaincus dans un premier temps de revenir sur leurs décisions. Reconnaitre ses
erreurs est aussi un signe de dignité, puisque, selon la formule célèbre, l'homme progresse surtout par ses erreurs.