Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Sombre lundi pour la saison ! – semaine 7

Il y a 33 ans mourrait à 27 ans Bobby Sands, né le 9 mars 1954 [ une semaine avant le rédacteur de ce blog ] au terme d’une grève de la faim de 66 jours.

Il rejoignait le club des “ morts à 27 ans ”, les 3J, Jimi Hendrix, Jim Morrison & Janis Joplin, mais aussi Kurt Cobain, Brian Jones, Richey Edwards, Chris Bell, Amy Winehouse et Robert Johnson, le fondateur.

Il allait être suivi par Francis Hughes (IRA), 25 ans, le 12 mai 1981 après 59 jours de grève de la faim, Raymond McCreesh (IRA), 24 ans, et Patsy O'Hara (INLA), 23 ans, le 21 mai 1981 après 61 jours de grève de la faim, Joe McDonnell (IRA), 30 ans, le 8 juillet 1981 après 61 jours de grève de la faim, Martin Hurson (IRA), 29 ans, le 12 juillet 1981 après 46 jours de grève de la faim, Kevin Lynch (INLA), 25 ans, le 1er août 1981 après 71 jours de grève de la faim, Kieran Doherty (IRA), 25 ans, le 2 août 1981 après 73 jours de grève de la faim, Thomas McElvee (IRA), 23 ans, le 8 août 1981 après 62 jours de grève de la faim, et enfin Michael Devine (INLA), 27 ans, le 20 août 1981 après 60 jours de grève de la faim.

Que demandaient ces jeunes combattants, qui avaient été plongés dans la lutte armée du fait de l’intransigeance et de l’aveuglement d’un gouvernement britannique incapable d’anticiper le développement de l’Irlande du Nord autrement que par la répression ? Le retour au statut de prisonnier politique qui, après leur avoir été accordé en 1972, leur avait été ôté quatre ans plus tard.
Ils se sont heurtés à l’obstination du premier ministre de l’époque, celle qui a eu cette phrase que personne n’a convenablement comprise, "there is no alternative", ce qui signifiait qu’il n’y avait qu’une seule et unique voie, la sienne bien entendu, et non deux, comme veut le dire une alternative, ou bien ou bien.
Elle les a laissés mourir les uns après les autres, sans sourciller, renvoyant l’image détestable d’un comportement totalitaire, de celle qui n’a pas compris que la supériorité de la démocratie sur la dictature est que la première ne se met pas au diapason de la seconde. En bref, on n’assassine pas en démocratie au nom du principe que le sang est le prix du sang.

Tiens d’ailleurs, qui est donc cette femme qui n’a dû son salut qu’à la guerre remportée sur les forces argentines d’une dictature finissante à laquelle elle n’a jamais reproché quoi que ce soit, tout comme elle a ensuite frayé avec le dictateur chilien auquel elle faisait des risettes avant de perdre la tête [ à moins que ce ne soit qu’au moment où on a cru qu’elle déraillait qu’elle a effectivement trouvé la raison ], cette femme, grande amie d’un président des Etats-Unis d’Amérique, acteur de série B, lui aussi mort la tête perdue, marionnette des Chicago Boys de Milton Friedman, l’homme de la parabole du crayon à papier, cette femme donc qui s’est enorgueilli d’avoir réduit les syndicats, au sens militaire du terme ?
On en sait plus sur elle maintenant que s’est éteinte la prescription centenaire qui court sur les archives gouvernementales britanniques. Le voile se lève sur la grande grève des mineurs en 1984, qui a marqué toute une génération d’ouvrières et ouvriers britanniques, signant la victoire du néolibéralisme britannique.
Les conservateurs britanniques avaient un compte à régler avec le NMU [ National Union of Mineworker ] qui les avait fait chuter dix ans plus tôt. En 1984, le directeur des Charbonnages [ un "patron de combat", embauché à prix d’or, qui avait déjà sévi l’année précédente au sein de British Steel ], nommé par cette femme, annonce la fermeture de quelques mines. Arthur Scargill, président du NUM, comprend que le gouvernement libéraliste a en fait tout un plan de démantèlement et de fermeture des mines de charbon afin d’en finir avec le pouvoir du NUM, touchant d’abord les puits non-économiquement rentables, puis généralisant les normes et les critères de gestion, amenant à la fin de toute planification. On préférait fermer les puits plutôt que d’entamer une reconversion industrielle. Ça ne vous rappelle rien ?
La grève a duré une année entière. Elle est brisée, faisant des centaines de blessés et deux morts chez les mineurs. Depuis, le Royaume-Uni importe chaque année des millions de tonnes de charbon…
On sait maintenant
– que le gouvernement et les Charbonnages disposaient d’un mémo secret : au lieu de 20 mines, ils entendaient en fermer 75 sur trois ans, et supprimer 64 000 emplois. Scargill avait donc raison ;
– que le gouvernement voulait stocker le charbon pendant un certain temps, avant de lancer le rapport de force, diversifier les sources d’énergie pour affaiblir le NUM ;
– que le gouvernement avait une batterie de mesures coercitives : emploi violent délibéré de la police, infiltration policière des syndicats miniers, déploiement de 4 500 militaires et proclamation de l’état d’urgence [ le NUM, loyaliste et démocrate malgré tout, s’est refusé à plonger le pays dans le chaos, ce qui a signé sa perte ! ].

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Régis Hulot 10/05/2014 09:53

8 avril 2013.
Le jour du décès de cette femme politique - ne la nommer jamais - qui, alors qu'on la croyait saine d'esprit, avait vu dans l’Évangile, que ses convictions religieuses affichées lui avaient rendu familier, qu'il faut être intraitable avec les faibles et bienveillant avec les forts, sans pitié avec les républicains irlandais et compréhensif avec les tortionnaires chiliens, insensible à la misère des pauvres et admiratif devant les fortunes accumulées des affairistes, le 8 avril 2013, donc, j'ai débouché le mousseux et bu à l'Irlande libre, républicaine et catholique romaine, ainsi qu'à tous ceux qu'elle avait piétinés durant ses plus de dix années passées au pouvoir.
L'Histoire n'est pas toujours écrite par les vainqueurs avec le sans des vaincus.