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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

– € 840 000,00 ! _ sensiblerie compassionnelle

C’est le montant, sauf erreur, des réajustements budgétaires intervenus lors de cette courte séance du conseil municipal de jeudi dernier 25 octobre 2012. Pour aboutir à ce résultat, il suffit de modifier légèrement le tableau figurant sur la fiche de synthèse disponible sur le site de la commune : à la place de modifications, on écrit modifications positives, puis on ajoute une colonne que l’on appelle modifications négatives, et on y glisse les montants négatifs. En dernier lieu, on effectue les sommes verticalement, positives à gauche, et négatives à droite : si € 1 126 000,00 ont bien été ajoutés, € 1 966 000,00 ont bien été retranchés, enfin, ajustés en fonction des réalisations ou parce que les dépenses seront réalisées ultérieurement. Cette gymnastique financière à laquelle nous ne comprenons rien, pour la plupart d’entre nous, est sûrement due à l’état avantageux du portemonnaie collectif, appelé budget municipal, qui doit être dans le plus beau des états.
Ne pouvant assister à la séance du conseil municipal, et me fiant au compte rendu qui en a été fait par la rédaction locale du premier quotidien d’Alsace, il apparaît clairement que ce point, pourtant central du débat démocratique, plus contraignant que ne le sera le énième échange de dupe avec le conseil général, n’a fait l’objet d’aucune observation, d’aucune remarque, d’aucun commentaire ! Pumpernickel serait-il le seul à avoir eu l’idée de faire de simples additions ? Si c’est le cas, c’est très inquiétant pour l’avenir, car cela veut dire qu’il suffit de remplir abondamment des tableaux pour les rendre illisibles pour emporter une décision par jet de l’éponge.
Pendant ce temps, chacun y va de son couplet compassionnel sur le sort des ouvriers d’une grande entreprise locale, qui a bénéficié, il y a quelques années, d’un prêt à taux zéro, dont les intérêts ont été pris en charge par le portemonnaie collectif. C’était au temps de l’ancien équipage, épisode dont le maire actuel ne doit sans doute pas se souvenir, absent qu’il était de la vie politique locale. On nous expliqua que le montage était comme d’habitude gagnant-gagnant, et qu’il était nécessaire que la collectivité territoriale locale manifestât [ rassurez-vous, on n’a pas employé l’imparfait du subjonctif, d’ailleurs, on n’employait pratiquement pas le subjonctif ] sa solidarité avec ceux qui concourent à la constitution de la richesse. Bien entendu, les engagements les plus formels et les plus forts ont été pris dans la plus grande solennité, on s’est fait un devoir de brocarder celles et ceux qui s’inquiétaient de cette prise en charge dont les contreparties paraissaient incertaines, et on prêta un peu moins de € 500 000,00 sans trop barguigner.
Avant de poursuivre, il est utile de jeter un œil attentif sur la situation de la plateforme chimique de Lauterbourg, où les plans sociaux dits de sauvegarde de l’emploi succèdent aux départs plus ou moins volontaires, moins ou plus imposés, sans que cela émeuve outre-mesure celles et ceux qui ne craignent pas d’envoyer des messages de soutien sur le ton qu’ils employèrent naguère pour exprimer leur expression aux infortunés salariés d’ex-Wimétal.
Dans ce contexte, entendre qualifier de compréhensible la volonté de cette entreprise d’externaliser l’une de ses activités engendre plus que de la perplexité. Et devoir lire que l’actuel maire ait cru bon d’en rajouter en espérant que cette initiative sera à l’origine de création d’emplois, parce qu’on en a eu l’assurance, probablement orale, des responsables de l’entreprise en question est tout simplement consternant. Qui peut croire une seconde à ce type de déclaration ? Surtout pas, est-on tenté d’affirmer, ceux qui les commettent, est-on tenté d’espérer ! Ce jeu est carrément infect. Cette manie, pour faire sérieux, d’embrasser la cause libéraliste, d’aligner les formules creuses, avec un point à l’envers et un point à l’endroit, un point pour Saint-Michel, un point pour Saint-François est insupportable de vanité et de dédain à l’encontre de celles et ceux que l’on voudrait faire semblant de consoler. Ils voudraient nous faire croire qu’ils guérissent les écrouelles qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.
Dans l’affaire, l’actuel chef de file de l’opposition et conseiller général, profitant de l’ambiance plombée qui règne au sein d’une municipalité dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle en a fait des tonnes dans le caporalisme et les commérages, parvient à se donner un vernis social, paternaliste, humain même, prenant à contre-pied celui qui se targuait, il n’y a pas trois ans, d’avoir laminé l’opposition. Sic transit gloria mundi, on pense aussi à la roche tarpéienne.

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